Madère et ses habitants ont toujours été connus pour leur art de bien recevoir et aujourd’hui, nous partageons le témoignage d’un couple de Porto qui, en participant à un concours de Waynabox, a gagné un voyage à Madère.

Il semble que ça a été une expérience mémorable qui leur a donné envie de revenir… nous allons « écouter » l’histoire qu’ils ont à nous raconter!!!

 

 

  • VEILLE DU DÉPART

Je pense que c’est une folie, que la seule chose que je sais est je pars pour une île… Je suis habituée à tout organiser et c’est effrayant de ne pas savoir comment je vais me rendre à l’hôtel… Je mets une tente dans la valise ?! Je vais voir combien de temps on met pour aller du centre-ville au restaurant… Est-ce que nous allons manger ?! J’essaie de comprendre s’il vaut mieux que j’emmène mes aiguilles de tricot pour m’occuper pendant 3 jours ou si je ne vais même pas avoir le temps de respirer. Enfin, j’ai essayé de dormir… j’y suis allée après une nuit blanche.

 

  • JOUR 1

9 heures

Arrivée à l’aéroport de Madère – Cristiano Ronaldo.

Nous avons rencontré Carolina. Elle nous a reçus avec des colliers de bonbons typiques de Madère. Jolie, sympathique et très pratique, elle nous a expliqué avant que nous ne le demandions que les îles que nous voyions à l’horizon étaient les îles Selvagens… pour que nous n’osions pas demander si c’était Porto Santo (une autre des îles de l’archipel de Madère). 15 minutes après, nous apercevons Funchal, qui s’ouvre devant nous, sans préparation, avec une lumière blanche de cinéma et une beauté charmante. À l’inverse des photos de cartes postales, Funchal est énorme, constituée d’une désorganisation délicieuse, où toutes les maisons semblent reposer avec vue sur la mer, dans une sérénité incomparable.

 

9:30h

Nous laissons nos valises au Pestana Casino Hôtel et faisons le check-in. J’ai soupiré de plaisir lorsque j’ai vu l’hôtel et j’ai continué à soupirer lorsque j’ai vu la piscine extérieure qui ressemblait à un prolongement de l’océan. Extraordinaire !!

 

9:40h

« Je vous emmène au téléphérique et après, vous allez faire la descente en traineaux en osier, mais avant cela, échangeons nos numéros de téléphone. Je suis à votre entière disposition » – nous dit Carolina, avec un sourire honnête.

Et c’est exactement comme cela que ça s’est passé… Le téléphérique est aussi haut que la vue est incroyable !! Pendant le voyage, nous avons pu nous sentir comme les maîtres de la ville, en dessous, toute petite et qui nous sourit, humblement, comme si elle ne savait pas encore à quel point elle est spéciale. Après le voyage en téléphérique, nous descendons à toute vitesse en traineau en osier, j’avoue que j’ai eu peur, car je ne voulais pas perdre mes dents à Madère alors que Tiago, lui, voulait qu’ils « appuient sur le champignon » !!

 

 

11:30h

À la fin de la descente, Carolina nous attendait pour nous emmener à la marina. L’Extreme Sailing Series avait lieu et on nous a dit que c’était là où nous allions déjeuner, avec le déjà mythique Duarte de l’Association de Promotion de Madère (c’est Duarte qui nous aidé à préparer tout le voyage… Nous le connaissions déjà, mais uniquement par e-mail).

 

12:00h

Duarte est ce que nous avions déjà prévu : un ami. Il lui a suffi de dix minutes pour rire, parler de quelques-unes des péripéties du voyage et de certains des secrets de l’île. Nous avons été invités à embarquer sur l’un des bateaux à voile en pleine compétition de l’Extreme Sailing Series. J’ai bien sûr dit oui… Tiago, lui, a préféré « naviguer sur la terre ferme », dans les vins de Madère, avec Duarte à la barre. Voler sur la mer, c’est quelque chose d’hallucinant… tout s’est bien passé et ce fut une expérience unique que je n’oublierai jamais. Je n’ai pas besoin de vous dire que quand je suis revenue à bon port, Tiago dansait presque déjà la danse traditionnelle de Madère, le « bailinho ».

 

 

16:00h

Nous sommes revenus à l’hôtel pour profiter du bâtiment dessiné par l’architecte Oscar Niemeyer qui, à lui seul, est déjà un chef d’œuvre. Tiago s’est endormi, il « médite » probablement sur les cépages qu’il vient de découvrir… je n’ai pas quitté des yeux la mer qui nous embrassait et que je ne voulais déjà plus abandonner.

 

19:00h

Carolina nous attend à la réception pour un dîner dans un endroit « très spécial ». Au cours du voyage de 40 minutes, elle a énuméré les communes de l’île, nous a raconté des histoires et des curiosités. Elle nous a parlé des « levadas », ces canaux d’irrigation créés par l’homme et conçus pour acheminer l’eau en abondance vers l’intérieur pour les champs agricoles répandus dans toute l’île, des jardins et de comment elle allait à la plage en hiver.

 

19:40h

Le meilleur coucher de soleil nous attendait… ainsi que le mojito du Maktub. Nous rencontrons Fábio, l’un des « princes » du royaume de Paul do Mar. Ici, la terre semble ne pas avoir de propriétaire, il n’y a ni temps ni hâte, les journées sont uniques, dessinées par le soleil et par le style de vie « Maktub ». Comme il nous l’a expliqué : « Ce n’est ni un restaurant, ni un hostel, ni un café. C’est une manière d’être. »

Nous avons dîné un poisson de ma taille (préparé dans du sel). Nous nous sommes perdus dans la conversation avec Fábio, qui nous a dit comment il était important d’impliquer la communauté, d’acheter le meilleur produit, d’offrir un service de qualité pour que ceux qui leur rendent visite comprennent ce qu’est vraiment Madère. C’est une véritable inspiration de connaître quelqu’un qui lutte et croit fermement dans son projet personnel en fonction des autres.

 

 

23:00h

Nous revenons à l’hôtel. Nous étions épuisés, nous n’avions pas dormi depuis tellement longtemps… mais nous n’arrivions pas à nous endormir rien que de penser à la chance que nous avions eue. Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on gagne le gros lot !!!!

 

  • JOUR 2

10:00h

João, de chez « Mountain Expedition », nous attendait à la réception de l’hôtel.

João nous a emmenés en jeep jusqu’au pic du Areeiro, aux maisons typiques de Santana, à la forêt de Laurissilva (qui aurait pu servir de décor au film du Seigneur des Anneaux). Il nous a expliqué chaque recoin, l’histoire de l’île et son passé historique comme s’il avait grandi au milieu de ces nuages. Il nous a dit qu’il existe 24 microclimats et que c’est pour cela que nous ne pouvons pas avoir confiance dans la météo des journaux.

 

 

11:30h

Nous parcourons une « levada » qui nous a emmenés à une vue surprenante ! Les mots ne suffisent pas à décrire les trésors qui sont trouvés à chaque virage, l’air pur, la plantation à couper le souffle. C’est très facile de nous sentir comme si nous appartenions à la nature et nous comprenons que nous faisons partie d’un tout bien plus grand que notre corps.

 

 

12:30h

Nous déjeunons à la Quinta do Furão. Une fois de plus avec un horizon à couper le souffle ! La soupe typique à la tomate et à l’oignon et la brochette en bois de laurier sont accompagnées des sourires sympathiques des employés qui nous ont parlé de la gastronomie richissime.

 

14:00h

João nous a ramenés à l’hôtel, mais, avant cela, il nous a emmenés faire un peu de « hors-piste », sur des chemins où je ne serais même pas passée en tricycle.

 

14:30h

Nous avons profité une fois de plus du paysage que l’hôtel nous offrait depuis la piscine extérieure. « Ouah ! » (Si nous avions payé un centime chaque fois que nous l’avons dit pendant ces trois jours, nous aurions dû rester sur l’île pour travailler et avoir assez d’argent pour revenir sur le continent).

 

19:00h

Carolina nous attendait pour nous emmener au Largo do Socorro. Nous allions avoir un cours sur comment préparer une poncha avec Duarte, le gérant du Barreirinha Bar Café.

 

19:10h

Nous sommes dans le bar, avec Duarte qui rit pendant qu’il presse des fruits frais et nous explique la quantité exacte d’eau de vie de canne à sucre pour chaque poncha. Il nous a fait essayer toutes les variations et nous nous sommes très vite aperçu pourquoi les pêcheurs la buvaient pour se réchauffer ! 5 minutes après, nous étions presque prêts à donner notre CV pour déménager et venir vive ici. Nous avons enlevé nos manteaux tellement c’était « chaud ».

Nous avons ensuite croisé le frère de Duarte qui nous a salués comme si nous étions déjà venus la semaine dernière et nous a invités à une fête qu’ils organisaient sur la plage de Barreirinha. Nous avons parlé de musique et avons promis de revenir plus tard.

 

20:00h

Nous arrivons au Design Centre Nini Andrade Silva. Encore un « Ouah ! »

Le restaurant est superbe, avec un accueil d’une qualité irréprochable. Je n’ai besoin de parler ni de la vue phénoménale (vous avez déjà compris que Madère est un musée en taille géante) ni de la préparation excellente, pleine de saveurs profondes, surprenantes et uniques. Entretemps, Tiago n’a pas arrêté de répéter « je vivrais bien ici » tandis qu’il regardait toutes les lumières qui font de Funchal la compagne parfaite pour un séjour prolongé.

 

 

22:00h

Curieusement, le vin de Madère nous est servi par un jeune homme de Porto qui nous a expliqué qu’il avait déménagé pour avoir « une qualité de vie ».

 

22:30h

Tiago dit déjà – « Je viens vivre ici ».

 

23:00h

Nous marchons jusqu’à la vieille ville. Nous nous perdons dans des ruelles de rire, des rues de personnes qui chantent, des portes ouvertes et des toasts sans fin.

 

01:00h 

Nous arrivons au « Under_Socorro ». La mer entourait la musique dans une ambiance fantastique, digne d’un film de Kusturica. Les lumières se confondaient avec les accolades, avec la danse et avec les sourires.

 

02:30h

Nous rentrons à l’hôtel. Le corps épuisé, mais l’âme débordante.

Nous nous endormons avec une anxiété anticipée parce que nous essayons déjà d’étirer les heures pendant lesquelles nous allons rester ici.

 

  • JOUR 3

12:00h

Après un petit-déjeuner revigorant, nous retrouvons Vitor da Tukxi. En tuk-tuk, nous parcourons les ruelles étroites de Funchal, nous visitons les jardins et les murailles. Le visage de Vitor reflète sa fierté d’être de Madère – « À partir d’aujourd’hui, vous êtes, tout comme moi, ambassadeurs de Madère. Je compte sur vous pour passer le mot. »

Victor s’est tout de suite montré disponible pour que nous échangions nos coordonnées pour que nous puissions nous revoir la prochaine fois (il est déjà certain qu’il y aura une prochaine fois) et partager plus de temps ensemble. C’est l’attitude de quelqu’un qui ne travaille pas, parce que comme il aime ce qu’il fait, tout semble déjà prévu.

 

 

13:00h

Notre déjeuner est accompagné d’une vue privilégiée sur la dernière épreuve de l’Extreme Sailing Series. Le vent était comme toujours favorable et les voiles s’ouvraient à leur exposant maximum. Les speakers accompagnaient le public qui, enthousiasmé, applaudissait et soutenait les équipes. Nous commençons à ressentir l’aigre-doux du retour. Nous portons un dernier toast avec le vin de Madère et Tiago a noté son nom pour le chercher ici.

 

15:00h

Carolina nous ramène à l’aéroport. Cela a rassemblé à un voyage de réflexion personnelle… à propos de ce que nous venons de vivre, de l’essence de la si fameuse « qualité de vie » et de la nature de l’être humain.

 

17:30h

L’avion décolle. Nous voyons l’île de Madère et soupirons comme si nous voulions l’emmener plus près. Notre maison n’est pas à cet endroit, mais nous savons que nous ne voulons pas rester éloignés trop longtemps.

Loin des stigmates créés, nous comprenons que c’est une destination que nous n’avons pas élue comme prioritaire par ignorance. Nous avons été reçus comme des amis de longue date, sans prétention, avec une sincérité honnête. Le tourisme est une partie intégrale de Madère, c’est un fait, mais il n’est ni feint ni forcé. Il est fait par des personnes qui aiment ce qu’elles font, reçoivent de la même manière possible et qui, tous les jours, s’unissent pour offrir aux autres ce qu’ils ont de meilleur

Les mots seront toujours insuffisants pour décrire l’expérience que nous vivons. Tiago dit que « si nous le racontons, personne ne nous croira » et que n’importe quelle histoire sera toujours très en dessous de ce que nous avons vécu.

« Madeira, tu es unique ! à bientôt »

P.S. C’est terriblement injuste de ne pas mettre en valeur Duarte de l’APM. Ce parcours n’a eu de sens que parce qu’il existe, parce qu’il nous a transmis une joie démesurée, parce que nous sommes tombés amoureux de son histoire. Les lieux, ce sont les personnes qui le font et l’île de Madère a donc beaucoup chance de l’avoir à ses côtés.